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Missions Printemps est la plus grande enquête de sciences participatives sur le printemps 2012. 12 missions à réaliser pour aider les scientifiques à comprendre les effets du changement sur la flore et la faune. L'opération s'est déroulée entre février et juin 2012 sur le site d'ARTE en collaboration avec le CNRS et Universcience.


MISSION 1 : CARTOGRAPHIE DES VERS DE TERRE

Du 28/02/2012 au 01/05/2012

Pour cette première mission, rendez-vous sous terre ! Participez à la nouvelle cartographie des vers de terre en France en les identifiant dans votre jardin, la pelouse, le champ ou la forêt les plus proches !
Découvrir les vers de terre au printemps.
Urbanisation en hausse, agriculture intensive, usage de pesticides, réchauffement climatique... La terre et le sol sont malmenés. Pourtant, vivent là de précieuses créatures, les vers de terre ou lombrics. Des créatures qui passent leur temps à se « goinfrer » des déchets végétaux. Et se faisant, elles recyclent les matières organiques pour les rendre à nouveau « utiles » pour les plantes, elles aèrent le sol en créant un vaste réseau de galeries et labourent la terre par leurs déplacements incessants. Avec toutes ces qualités (et bien d'autres encore), les vers de terre ont été élevés au rang d'indicateurs de la qualité des sols par les scientifiques. Mais comment faire le lien entre l'usage d'un sol (jardin, prairie, verger, forêt, champ de culture biologique ou raisonnée, etc.) et la diversité des vers de terre partout en France ?


Le grand recensement des vers de terre :

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Une seule carte de la répartition des vers de terre a été réalisée à ce jour dans l’histoire de France. Et c’est à un passionné, Marcel Bouché, chercheur à l’INRA, qu'on l'a doit. L'homme a en effet sillonné et quadrillé la France entière pendant les années 1970 pour recenser les vers de terre. Grâce à lui, les scientifiques savent qu’une centaine d’espèces de lombrics peuplent la France et on lui doit cette découverte stupéfiante : il y a (en poids) plus de vers de terre en France que d’êtres humains sur Terre. Ils représentent en moyenne plus d'une tonne à l'hectare – contre 55 kg d'êtres humains sur la même surface. Depuis, personne ne sait comment ont évoluées les populations de vers de terre sur notre territoire. Des espèces auraient-elles disparu, d'autres auraient-elles agrandi leur territoire ? Combien ? Certaines nous sont-elles encore inconnues ? L'heure est à l'actualisation du travail de Marcel Bouché. Avec l'Observatoire Participatif des Vers de Terre et Missions Printemps, lancez-vous dans le deuxième grand recensement des vers de terre en France !


Les conditions idéales de la mission « vers de terre » :
Quand : de janvier à mars (avril pour les zones enneigées ou humides), lors de la période d’activité maximale pour les vers de terre.
Météo : température entre 6 et 10°C.
Sol : sol humide (après une pluie), il ne doit être ni gelé, ni en dégel, ni saturé en eau, ni sec.
Moment de la journée : De préférence le matin, par temps couvert.
Cette mission a été réalisée en collaboration avec l’Université de Rennes 1, l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Rennes et le CNRS, fondateurs de l’Observatoire Participatif des Vers de terre.


Le référent scientifique de la mission:

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Daniel Cluzeau :

Entre la terre et les êtres humains, il y a les vers de terre. Convaincu que l'avenir de l'agriculture leur est lié, Daniel Cluzeau s'est lancé dans l'aventure de l'écologie et de la biologie des lombrics et a fondé l'Observatoire participatif des vers de terre.
Écologue depuis sa plus tendre enfance dans les vertes prairies du Bec d’Allier, Daniel Cluzeau s'est  intéressé aux vers de terre sur les conseils de son patron de laboratoire, Paul Tréhen. C'était au milieu des années 1980. Puis, très vite, il collabore avec les vignerons champenois, qui alarmés par la dégradation de leurs sols, se demandaient comment développer une viticulture durable. Dès lors, la vie des lombriciens dans les sols agricoles devient la marque de fabrique et la spécialité de Daniel Cluzeau.
Entre 1990 et 2001, il participe au développement du premier programme de recherches interdisciplinaires sur l'agriculture biologique et s'intéresse aux rôles des vers de terre dans la protection des sols cultivés pour l’agriculture de conservation . Plus récemment, il s'engage dans des projets qui ont la volonté d’associer écologie et agriculture : avec l'agroforesterie, qui introduit les arbres à l’intérieur des parcelles agricoles, l’élevage et les cultures.
Il serait facile de croire qu’après 25 ans, la biologie et l'écologie des vers de terre dans les sols tempérés n'ont plus beaucoup de secrets pour lui, mais ce n'est pas tout à fait vrai : il enseigne beaucoup tout en sachant qu'il lui reste encore beaucoup à découvrir sur le rôle des vers de terre !


MISSION N° 2 : FEUILLAISON DU NOISETIER

Du 06/03/2012 au 31/07/2012

Cette deuxième mission est d'autant plus facile qu'elle concerne un arbre : le noisetier ! Il suffit donc d'en trouver deux près de chez vous et d'observer leur feuillaison. L'enjeu ? Aider les scientifiques à comprendre les effets du changement climatique sur cette espèce bien répandue.

Au printemps, les feuilles du noisetier sont les premières à s’épanouir.

Copenhague, Cancún, Durban, les sommets sur le climat se suivent et se répètent alors que les températures moyennes mondiales ne cessent d'augmenter. En France, le rythme des saisons s'enraye avec des hivers et des printemps d'une douceur exceptionnelle ; l’automne-hiver 2011 est en seconde place des automnes-hivers les plus chauds du XXe siècle ! Or le froid est nécessaire à de nombreux arbres pour « se préparer » au printemps. Et le noisetier, bien connu pour ses noisettes mûres à l'automne, n'échappe pas à ce passage obligé. Mais dès qu'il a atteint un certain quota de froid et que les températures deviennent plus douces, le noisetier s'empresse de fleurir pour se hâter ensuite d'épanouir ses feuilles. Un comportement bien particulier qui en fait l'arbre le plus précoce de France. D'où son utilisation par les scientifiques, comme un indicateur du changement des saisons.

Dans les régions situées au-dessus de 200 mètres d'altitude, les noisetiers les plus précoces de 2006 à 2009 bourgeonnaient entre le 15 et le 30 mars. Depuis, la date s'est décalée au 7 mars ! Or, plus ils fleurissent tôt, plus ils deviennent fragiles face à des chutes brutales de températures. Le gel risquant, par exemple, de tuer leurs futurs descendants abrités dans les noisettes en formation. Alors que feront les noisetiers de 2012 ? Seront-ils encore plus précoces que 2011 ? Ou seront-ils au contraire « déboussolés » par le manque de fraîcheur ? Avec un mois de décembre 2011 exceptionnellement chaud (entre 1,4 °C et 2°C au dessus de la moyenne), mais un mois de février très froid, les scientifiques sont dans l’expectative. Il s'agit donc d'enquêter dans la France entière. Avec l'Observatoire des Saisons, Phénoclim et Missions Printemps, devenez les grands témoins du réveil du noisetier !

Au printemps, les bourgeons éclosent. Pour cela, rien de plus facile. Nous vous proposons de choisir deux noisetiers (proches de votre domicile ou d'un lieu que vous fréquentez souvent, un jardin, un parc, une cour d'école, etc. et d’en devenir les grands témoins en notant les dates d’ouverture de leurs bourgeons. Entre eux et vous, plus de secrets !



Les conditions idéales de la mission « noisetier » :

Quand : de février (pour les régions de plaine) à fin mai (pour les zones situées à plus de 1000 mètres d'altitude)

Météo : temps couvert ou ensoleillé, mais pas de pluie pour les photos !

Moment de la journée : aux heures pas trop sombres.

Cette mission a été réalisée avec la participation du CNRS et de Tela Botanica, fondateurs du programme L’Observatoire des saisons, et du Centre de recherche des écosystèmes d’altitude, fondateur de l’observatoire Phenoclim.


Les référentes scientifiques :

Toutes deux passionnées par la nature et inquiètes des effets du changement climatique, les chercheuses Anne Delestrade et Isabelle Chuine ont créé leurs réseaux d'observation des rythmes saisonniers de la flore et la faune. Voici leur itinéraire avant d'avoir conçu la Mission printemps du noisetier !

La passionnée des montagnes, Anne Delestrade

Camera Lucida

Spécialiste en écologie des oiseaux, et plus particulièrement des chocards à bec jaune, volatiles des hautes montagnes, Anne Delestrade aime partager ses passions. Lorsqu'elle fonde le CREA, organisme indépendant au statut d'association à but non lucratif, elle a dans l'idée d'impliquer les habitants des montagnes, les premiers concernés par l'évolution de la faune et de la flore modifiée par le changement du climat. En bonne écologiste, elle sait que les interactions se font dans la nature mais aussi parmi les humains ! En 2003, elle fonde le programme Phénoclim qui vise à étudier les effets du changement climatique sur la flore en montagne. Le succès ne se fait pas attendre. Associations, particuliers, écoles, scientifiques et industriels la suivent dans son programme. Elle enchaîne ensuite avec Phénopiaf puis PhénoAlpes... et maintenant Missions Printemps !






Les plantes, l'évolution et les saisons suivis par Isabelle Chuine :

DR

C'est sa passion pour les mammifères marins qui mène cette jeune Lilloise à faire ses études à Montpellier. Mais c'est finalement aux plantes terrestres qu'elle consacre son travail de recherche. Un diplôme d'ingénieur agronome en poche, un doctorat en sciences de l'évolution, la voici partie un an au Canada où elle étudie la phénologie des conifères du grand nord. De retour en France, elle s'intéresse à la reconstitution du climat de Bourgogne depuis 1370 sur la base des dates de vendanges du pinot noir avec l'historien Emmanuel Le Roy Ladurie. Leur travail montre combien les températures ont augmenté au cours du XXe siècle en France et de façon inégalée en 2003 depuis plus de 600 ans. C'est son premier pas dans l'étude de l'impact du changement climatique sur la biologie et l'écologie des plantes. Publiée dans Nature, la revue scientifique internationale faisant référence, leur étude ne passe pas inaperçue et Isabelle en profite pour lancer deux ans plus tard un groupement de recherche intitulé « Système d'information phénologique pour la gestion et l'étude des changements climatiques ». L'Observatoire des Saisons est presque né ! En 2007, c'est chose faite ! Et Isabelle de pouvoir partager avec le plus grand nombre sa passion de la nature et son combat pour tenter de prévoir si les espèces réussiront à s'adapter à leurs nouvelles conditions de vie.

Isabelle Chuine est chercheure CNRS au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE – CNRS / Universités de Montpellier 1, 2, 3 / Montpellier SupAgro / EPHE / CIRAD / IRD / Inra)

MISSION N°3 : PISTER LES LÉZARDS DES MURAILLES

Du 13/03/2012 au 02/05/2012

Pour cette troisième mission, Il faudra arriver à photographier les premières sorties printanières d'un reptile : le lézard des murailles ! Incapable de réguler sa température tout seul, il dépend totalement du climat. Or, est-il capable de s'adapter au changement climatique ? Là est toute la question.

Au printemps, les lézards cherchent la chaleur :

Animaux à sang froid, tous les reptiles sont sensibles aux variations de températures. En Europe, après les nuits fraîches, ils viennent prendre des « bains » de soleil pour sortir de leur engourdissement. Ce comportement est d'autant plus important à la sortie de l'hiver. Il faut d'une part reprendre des forces et se remettre en chasse pour se nourrir et d'autre part, trouver un partenaire pour se reproduire... Or, chez le lézard des murailles, les mâles doivent sortir de leurs abris plus tôt que les femelles. Ils ont en effet besoin de la chaleur du soleil pour activer leur métabolisme et être prêts à se faire beau quand mesdames lézards se décident, elles-aussi, à pointer le bout de leur museau... Les amours de ces reptiles sont donc très dépendants des températures printanières. Encore plus conséquent : si la période des amourettes se fait relativement tôt et que l'hiver s'installe à nouveau, au moment de l'incubation des œufs, leurs dates d’éclosions seront plus tardives, les petits seront menus et grandiront moins vite... De mauvaises conditions pour résister à l'hiver suivant. L’équilibre printanier est donc fragile.

Noter la présence du premier lézard observé :

Mais une part de mystère subsiste encore sur les habitudes et les comportements du lézard des murailles au début du printemps. Ces lézards s'activent-ils tous à la même période quelque soit leur localisation en France ? Ou bien les populations du Sud se « réveillent-elles » bien avant celles du Nord ? Et qu’en est-il des dates de reproduction en montagne par rapport à celles des plaines ? Ou entre les villes et les campagnes ? La reprise de leurs activités se fait-elle quelles que soient les conditions météorologiques (ensoleillement, température, ...) ou alors les populations s'adaptent-elles aux conditions locales ? Autant d’observations nécessaires pour comprendre comment ce lézard peut évoluer en relation avec le changement climatique. Et cette année, avec un hiver très fluctuant, de doux à glacial, les lézards risquent de vouloir très vite rechercher le soleil pour recharger leurs batteries ! Alors, avec Missions Printemps, soyez plus rapide que votre ombre et immortalisez les lézards sortant de leur torpeur hivernale !

Les conditions idéales de la mission « lézard » :

Quand : de février à fin avril

Météo : journée dégagée à faiblement nuageuse avec une température douce.

Moment de la journée : idéalement lorsque le soleil est assez haut pour réchauffer l'environnement (terre, pierre, mur, rocher), soit plutôt de 10h à 16h.

Cette mission a été réalisée en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle et la Société Herpétologique de France

Les référentes scientifiques de la mission :

Passionnées par la nature depuis leur enfance, Anne-Laure Gourmand et Maud Berroneau ont à cœur de partager cette passion avec le grand public. À travers cette Mission Printemps, vous pouvez les aider à en savoir plus sur la répartition et le mode de vie du lézard des murailles.


Coordinatrice d’observatoires de Vigie-Nature, Anne-Laure Gourmand


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C'est enfant qu'Anne-Laure a démarré dans le monde naturaliste. D'abord passionnée par les oiseaux, c'est par diverses rencontres qu'elle élargit son approche de la nature par l'étude des chauves-souris puis d’autres taxons, notamment via les programmes de sciences participatives. Anne-Laure a commencé à s'investir dans ces programmes à Orléans en 2007 en adaptant des observatoires nationaux Vigie-Nature à l’échelle de la municipalité, et en impliquant les jardiniers municipaux dans le suivi des papillons. Anne-Laure participe aujourd'hui à la coordination d’observatoires Vigie-Nature au sein du Muséum national d'Histoire naturelle et met en place des programmes de suivis participatifs des libellules, des amphibiens et des reptiles afin de comprendre comment ces populations évoluent en France notamment dans le contexte du changement climatique.








L'interlocutrice privilégiée des amphibiens et des reptiles, Maud Berroneau

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Curieuse depuis toujours du peuple des lézards et autres serpents, Maud s'est naturellement tournée vers des études scientifiques en biologie des populations et des écosystèmes. Ses premières expériences professionnelles ont directement concerné l'herpétologie au travers d'études et d’actions de conservation sur des espèces patrimoniales de nos régions comme la Cistude d'Europe – une espèce de tortue vivant en France – le Lézard ocellé, ou encore le Pélobate cultripède – sorte de petit crapaud des milieux sablonneux. Son engouement pour partager sa passion et continuer à découvrir la vie des amphibiens et des reptiles l'a amenée à la SHF en septembre 2011. La voici, avec Anne-Laure Gourmand, comme votre interlocutrice privilégiée pour cette Mission Printemps !

MISSION N°4 : ÉCOUTER LE CHANT DU COUCOU

Du 21/03/2012 au 16/05/2012

La Nature, ce n'est pas seulement OBSERVER, c'est aussi ÉCOUTER ! Cette mission vous embarque dans le sillon du retour du printemps avec les premiers chants du coucou. L'enjeu ? Aider les scientifiques à comprendre comment cet oiseau migrateur et squatteur ajuste son retour dans nos contrées.

Au printemps, le coucou revient d’Afrique.

Les dix dernières années ont vu alterner des printemps doux et précoces et d’autres beaucoup plus frais et retardés. L’hiver 2011 a, quant à lui, enregistré des records de douceur avant une soudaine vague de froid. Dans ce contexte de changement climatique, les chercheurs pensent que certaines espèces d’oiseaux migrateurs peuvent ajuster la vitesse de leur remontée printanière du sud vers le nord en fonction du climat. Pour le coucou, qui passe l’hiver en Afrique, et qui revient chaque printemps en Europe, ses arrivées se font de plus en plus tôt. Or, cet oiseau n'est pas n'importe lequel : la femelle est un parasite ! Au lieu de s'épuiser à s'occuper de sa nichée, elle pond ses œufs dans le nid d’autres espèces d'oiseaux, généralement bien plus petites en taille, et leur laisse l'entière responsabilité d'élever ses poussins ! Pour réussir son squat, il faut que le retour de migration du coucou « colle » avec la ponte des autres espèces d'oiseaux. Justement, une étude récente montre que la hausse des températures printanières modifie les choix des nichées parasites : le coucou se reporterait désormais sur les nids des espèces migratrices ! Une hypothèse à valider et dont ils faut déterminer les implications. C’est tout l’enjeu de cette quatrième mission.

Noter l’arrivée du coucou en Europe

Le coucou est un oiseau particulièrement dur à photographier. Facile à reconnaître, le chant du coucou mâle sert à délimiter son territoire et à attirer les femelles. Il est donc un bon indicateur de l’arrivée du printemps. À sa seule écoute, on sait qu'il est de retour. Reste à savoir à quelle vitesse il est remonté de sa région d’hivernage vers  la France et l'Allemagne. Et surtout de connaître ses préférences pour nicher : les premiers coucous arrivés préfèrent-ils s'installer en forêts, en plaines agricoles, en zones humides ou en montagne ? Le détail est d'importance car il peut être lié à la localisation des autres espèces migratrices qui rentrent, elles-aussi, pour nicher. Avec Missions Printemps et le programme STOC du Muséum national d'Histoire naturelle, branchez-vous sur Radio Coucou !

Les conditions idéales de la mission

Quand : de fin mars à fin mai.

Météo : temps ensoleillé, voire couvert, mais pas de pluie car les oiseaux chantent moins !

Moment de la journée : les premières heures du matin (avant 10h).

Cette mission a été réalisée en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle. Inspirée du Suivi temporel des Oiseaux Communs, un observatoire participatif de Vigie-Nature.

Le référent scientifique de la mission :

Frédéric Jiguet

DR

Frédéric Jiguet est depuis toujours passionné par les oiseaux. À travers ses recherches, il tente de comprendre en quoi le changement climatique agit sur le comportement des oiseaux.

Les oiseaux, c’est LE sujet de prédilection de Frédéric Jiguet. Grand ornithologue, il est aujourd’hui maître de conférences au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Après des études comme ingénieur agronome et un doctorat en écologie, il intègre en 2000 le Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO) qu’il dirige depuis 2012 ! Chercheur en biologie de la conservation, il s’intéresse particulièrement aux effets du changement climatique sur la migration et la reproduction des oiseaux, et cela l’a mené aux quatre coins du monde. Perroquets brésiliens, manchots antarctiques, passereaux chinois ou rousserolles africaines, il travaille activement à la connaissance et la conservation de l’avifaune rare mais aussi commune. En France, il coordonne le programme de Suivi Temporel des Oiseaux Communs depuis onze ans, le premier programme de sciences participatives existant en France. Espèce migratrice par excellence et oiseau symbolique, le coucou fait partie des oiseaux de prédilection pour ses études.


MISSION N°5 : PREMIÈRES FLORAISONS EN VILLE
Du 27/03/2012 au 16/05/2012
Pour cette mission, l'enquête prend place dans votre rue ! Ces trois petites plantes sauvages que sont le séneçon du Cap, le pissenlit et la cardamine hirsute y ont-elles trouvé une place ? Et sont-elles en fleurs ? La ville s'étudie désormais comme la campagne. Les scientifiques doivent comprendre comment son architecture, ses êtres humains, son climat..., agissent sur la répartition des plantes sauvages. Aidez-les, et cherchez les indices des sauvages en ville !


Les « sauvages » au printemps
Plus de la moitié de la population humaine vit désormais en ville et le phénomène ne semble pas près de s'inverser. Pourtant les êtres humains ont besoin des espaces verts pour se détendre, pratiquer des activités de loisirs, se sentir bien.... Ces espaces verts plantés tempèrent également les îlots de chaleur fréquents en été en raison de l'accumulation des fortes températures par les routes, les trottoirs, les bâtiments. Ils aident également à dépolluer l'air et les sols, riches en particules polluantes et en gaz carbonique. Autre intérêt de ces espaces verts : leur lieu d'accueil pour les espèces sauvages, que sont les oiseaux, les plantes et les insectes. Des « sauvages » qui tentent aussi de s'implanter entre les espaces verts. Pour les plantes, c'est au pied des murs ou des arbres bordant la rue, au creux des fissures et des interstices des trottoirs.


Noter la présence de trois plantes sauvages
Mais comment ces plantes isolées les unes des autres arrivent-elles à pousser entre murs et béton ? Quels sont les chemins qu’elles empruntent au sein des villes ? Y fleurissent-elles plus tôt que leurs confrères des campagnes ? Environ 1000 espèces de plantes sauvages vivent actuellement dans Paris. En 2011, 1485 observations ont pu être réalisées en région parisienne grâce au programme « Sauvages de ma rue ». La cardamine hirsute a, par exemple, été localisée en un seul endroit dans le passage Dubail à Paris. Il est probable qu'elle ait échappé aux yeux des citadins car sa floraison était passée lorsque le programme a été lancé en juin 2011. Le pissenlit a, quant à lui, été recensé en 49 lieux parisiens et d'autres localités de la banlieue. Pour le sénéçon du Cap, espèce en train d’envahir peu à peu les villes, il ne faisait pas encore partie du programme en 2011 ! Alors en 2012, qui parviendra à le trouver ? D'autres observations sont nécessaires pour tenter de raconter l'histoire de ces plantes sauvages partout en France. Posez un nouveau regard sur votre rue et aidez les scientifiques à dresser la première carte de trois petites plantes sauvages au cœur des villes !


Les conditions idéales de la mission
Quand : de février à octobre
Météo : temps couvert ou ensoleillé, pas de pluie pour les photos !
Mission réalisée en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle et Tela Botanica. Inspirée de Sauvages de ma rue, un observatoire participatif Vigie-Nature.


Les référents scientifiques de cette mission :
Conscients que l'on ne peut séparer les êtres humains de la nature, Nathalie Machon, Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle et le botaniste Jérémy Salinier se sont engagés à étudier les plantes sauvages en ville avec le programme Sauvages de ma rue.


Nathalie Machon au chevet des plantes sauvages
Les plantes, c'est la spécialité de Nathalie Machon ! Depuis ses études de doctorat à la faculté d'Orsay, elle baigne dans le végétal et la génétique. Recrutée au Muséum national d’Histoire naturelle en 1996, elle s'attache à comprendre comment les populations de plantes sauvages peuvent être amenées à disparaître et à proposer des actions de gestion pour les sauvegarder. C'est le cas d’un certain nombre de plantes rares du bassin parisien, comme Arenaria grandiflora L. et Spiranthes spiralis en forêt de Fontainebleau, Equisetum variegatum en forêt de Marly et Aconitum napellus L. en Seine-et-Marne, dans le Val d’Oise, la Sarthe et le Loiret. Mais depuis quelques années, la ville est devenue son terrain d'étude. Avec ses trottoirs et ses rues agissant comme des barrières entre les différents espaces verts, elle devient un modèle expérimental pour comprendre comment les plantes utilisent de petits espaces libres – pieds d’arbres, petites pelouses, fissures des murs et des trottoirs, etc. – pour se déplacer dans la ville et rendre plus pérennes les populations des plantes sauvages des parcs et des jardins.




Le spécialiste des plantes en ville, Jérémy Salinier
Ne cherchez pas à détourner la conversation si vous discutez avec Jérémy Salinier : la place du végétal dans la vie des urbains, c'est LE sujet qui compte. De ses études en horticulture et paysage, en passant par ses projets sur la gestion de l'arbre en ville ou sur les potagers urbains en Russie, il n'en démord pas. Si les végétaux cultivés dont il s'occupait initialement étaient bien perçus du public, il doit maintenant faire preuve d'une grande pédagogie pour convaincre de l'intérêt de laisser une place dans nos villes aux si mal-nommées « mauvaises herbes ». Pour l'association Tela Botanica, il parcourt ainsi les villes de France, étudiant les nombreuses initiatives fleurissant dans les quartiers, recherchant des relais aussi bien dans le monde associatif local qu'auprès des collectivités. Il met tout en œuvre pour leur fournir à la fois des arguments pour convaincre, et des outils simples, permettant d'agir facilement pour changer peu à peu les mentalités. C'est ainsi, il en est convaincu, que ses belles sauvageonnes reprendront leur place dans nos rues, modifiant ainsi le visage de la ville, pour l'amélioration de la qualité de vie de ses habitants.
MISSION N°6 : RETOUR DE MIGRATION DES PAPILLONS
Du 04/04/2012 au 25/07/2012
Pour cette sixième mission, place aux papillons migrateurs ! Il s'agit, premièrement, de repérer les couloirs de migration de la Belle-Dame, du Souci, du Vulcain et du Morosphinx, qui remontent vers le nord et, deuxièmement, de mesurer leur progression en fonction de la météo. Participez à la première carte des routes empruntées par les papillons !


Au printemps, les papillons migrent vers le Nord
« En avril ne te découvre pas d’un fil ». Voilà un dicton qui ne s'adresse pas aux papillons puisque c'est à cette époque qu'ils prennent leur envol ! Mais lors de ces dernières décennies, le climat européen s'est réchauffé de 1° C et les courbes de températures moyennes ont dévié vers le nord de 250 km ! Habitués aux températures plus fraîches, les papillons sont perturbés. Ils sont parfois très exigeants sur le choix des plantes qui nourriront leurs chenilles. Si ces plantes disparaissent ou ne fleurissent plus tout à fait à la même époque, cela peut leur poser problème. Surtout pour les papillons migrateurs, qui quittent leurs régions d'hivernage situées au Sud pour se rendre vers les régions nordiques où ils vont se reproduire.


Noter la progression des papillons migrateurs
Le phénomène de l'observation des papillons migrateurs en Europe ne date pas d'hier puisqu’une observation de l’an 1100 en fait état. Cependant, lors de leur migration, ils ont besoin de se nourrir et ils restent tout aussi exigeants sur leur source de nourriture. Alors à l'heure de l'urbanisation galopante et de la diminution du nombre de prairies et de friches, où les plantes sauvages apportent le précieux nectar à ces insectes graciles, quels sont les meilleurs chemins suivis par les papillons migrateurs ? Quelles sont leurs routes ? Pour la Belle-Dame, 2009 a été particulièrement favorable, avec dix fois plus de papillons observés que les années précédentes. Cette année-là, les Belles-Dames passaient en flux continu au-dessus des campagnes. Mais les itinéraires choisis par les papillons sont mal connus, de quels paysages dépendent-ils ou préfèrent-ils ? Il s'agit d'être aux aguets ! Avec Missions Printemps, Noé Conservation et le Muséum national d’Histoire naturelle, participez à la première carte routière des papillons migrateurs européens !


Les conditions idéales de la mission
Quand : de mars à juillet
Météo : journée ensoleillée à faiblement nuageuse, jamais sous la pluie
Mission réalisée en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle et Noé Conservation, fondateurs de l’Observatoire des Papillons de Jardin (OPJ), un observatoire participatif de Vigie-nature


Les référents scientifiques de la mission
Sensibles dès leur plus jeune âge à l’environnement, Benoît Fontaine et Véronique Brondeau cherchent maintenant à sensibiliser et à impliquer le grand public à travers l’Observatoire de la Biodiversité des Jardins de Vigie-Nature et la mission Retour de Migration des Papillons grâce à Missions Printemps.


Benoît Fontaine cherche à en savoir plus sur les petites bêtes de nos jardins
Comme beaucoup de monde, Benoît Fontaine est devenu naturaliste en observant les oiseaux près de chez lui. Puis, ayant la fibre de la découverte, il est parti sur le continent africain afin de travailler sur les gorilles et les chimpanzés au Gabon. De retour en France, il se lance dans un doctorat sur les façons de prendre en compte les espèces négligées dans les programmes de conservation. Ce travail sur les espèces rares et en particulier sur les escargots, lui permet de se rendre compte que la biodiversité ne se réduit pas aux grosses bêtes, les plus médiatisées. Stimulé par ce domaine peu exploré, cet aventurier de la nature rejoint l'équipe de Vigie-Nature au Muséum national d'Histoire naturelle. Il y anime les volets "papillons" et "escargots" de l'Observatoire de la Biodiversité des Jardins, un programme de science participative ouvert à tous, et du Suivi Temporel des Rhopalocères de France, l'observatoire national des papillons diurnes destiné aux naturalistes avertis.


Véronique Brondeau : la transmission de sa passion pour la nature
Née dans le sud de l'Ile de La Réunion, Véronique Brondeau se passionne pour l'environnement tropical lors de ses promenades dans les milieux naturels exceptionnels de l'île. Titulaire d'un DESS en sciences et gestion de l'environnement tropical, elle débute sa carrière à l'Office National des Forêts où elle rédige des plans de gestion des forêts de Bébour et de la Plaine des Cafres. En 2005, elle rejoint le Conservatoire Botanique National de Mascarin, où elle prend la tête du service « Animation et Formation » pour faire partager ses connaissances acquises sur le terrain. Puis cinq ans plus tard, elle s'envole vers la capitale où elle intègre l'équipe de Noé Conservation, pour animer  l'Observatoire de la Biodiversité des Jardins en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle. Cette fois, elle doit compter sur un réseau de près 3 000 observateurs de la « biodiversité ordinaire » ! Elle cherche maintenant à étendre cet observatoire aux milieux forestiers, dans le cadre de Vigie-Nature, en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle, Natureparif et plusieurs autres structures relais.
MISSION N°7 : ÉCLOSION DES FLEURS DE LILAS
Du 11/04/2012 au 05/06/2012
Cette septième mission apporte un vent parfumé de douceur... À vous l'observation des fleurs si printanières du lilas ! Quand et où apparaissent-elles en France ? C'est tout l’objectif de cette Mission Printemps. Le climat déraille ? Les floraisons aussi... Alors, laissez-vous ensorceler par l'odeur du lilas pour aider les scientifiques dans leurs recherches.


L'explosion des couleurs du printemps
De la fin de l'hiver au mois de juin, la grande majorité des plantes se « reveille » et se hâte de fleurir. Parce qu'il s'agit de faire des fruits et des graines pour essaimer de nouvelles plantules avant l'hiver suivant. Ainsi va la vie ! Le lilas n'y échappe pas ! Au printemps, cette espèce originaire d'Europe centrale, fleurit dans les jardins ou les parcs des villes. Nul besoin d’être expert en botanique pour le reconnaître. Ses fleurs aux nuances variées de blanc, de bleu ou de violet créatrices d'un parfum envoutant font du lilas une espèce connue de tous. En France, la floraison du lilas est suivie depuis le XIXe siècle ! Sa connaissance très ancienne fait de lui un puissant indicateur des effets des variations climatiques sur la floraison des plantes. Parce que si le climat change, les floraisons peuvent être plus ou moins tardives et plus ou moins réussies. Les conséquences se reportent alors sur la quantité de graines produites et sur la robustesse des plantules, qui représentent les futures générations.


Suivre la floraison du lilas
Alors que sait-on, aujourd’hui, de l’évolution de la date de floraison du lilas au cours des siècles passes ? Dans les années 70, le lilas fleurissait en moyenne en France une quinzaine de jours plus tard que dans les années 50. Mais vers les années 80, l'espèce avance ses dates de floraison : il fleurit de plus en plus tôt. Si bien qu'aujourd'hui, les lilas sont en fleurs une dizaine de jours plus tôt qu’au début du XXe siècle ! De plus, d’après les données existantes, l’année 2011 bat des records de précocité dans la floraison des lilas qui fleurissent en moyenne le 13 avril ! Alors cette année sera-t-elle différente ? Est ce que la tendance à une floraison précoce va s'accentuer ? Quel va être l’impact d’un hiver si particulier sur la floraison du lilas ? Va-t-on encore battre des records de précocité ? En 2012, quelles vont être les différences des dates de floraison entre les régions du sud et du nord ? Entre les zones de plaine et de montagne ? Grâce à Missions Printemps, joignez-vous aux équipes de l’Observatoire des saisons et de Phénoclim pour enquêter sur la date de floraison des Lilas en 2012.


Les conditions idéales de la mission
Quand : avril à mai
Météo : temps couvert ou ensoleillé, mais pas de pluie pour les photos !
Moment de la journée : aux heures pas trop sombres
Cette mission a été en collaboration avec le CNRS et Tela Botanica, fondateurs du programme L’Observatoire des saisons, et du Centre de recherche des écosystèmes d’altitude, fondateur de l’observatoire Phenoclim.


Les référentes scientifiques de la mission :

Toutes deux passionnées par la nature et inquiètes des effets du changement climatique, les chercheuses Anne Delestrade et Isabelle Chuine ont créé leurs réseaux d'observation des rythmes saisonniers de la flore et la faune. Voici leur itinéraire avant d'avoir conçu la Mission printemps du noisetier !

La passionnée des montagnes, Anne Delestrade
Spécialiste en écologie des oiseaux, et plus particulièrement des chocards à bec jaune, volatiles des hautes montagnes, Anne Delestrade aime partager ses passions. Lorsqu'elle fonde le CREA, organisme indépendant au statut d'association à but non lucratif, elle a dans l'idée d'impliquer les habitants des montagnes, les premiers concernés par l'évolution de la faune et de la flore modifiée par le changement du climat. En bonne écologiste, elle sait que les interactions se font dans la nature mais aussi parmi les humains ! En 2003, elle fonde le programme Phénoclim qui vise à étudier les effets du changement climatique sur la flore en montagne. Le succès ne se fait pas attendre. Associations, particuliers, écoles, scientifiques et industriels la suivent dans son programme. Elle enchaîne ensuite avec Phénopiaf puis PhénoAlpes... et maintenant Missions Printemps !






Les plantes, l'évolution et les saisons suivis par Isabelle Chuine
C'est sa passion pour les mammifères marins qui mène cette jeune lilloise à faire ses études à Montpellier. Mais c'est finalement aux plantes terrestres qu'elle consacre son travail de recherche. Un diplôme d'ingénieur agronome en poche, un doctorat en sciences de l'évolution, la voici partie un an au Canada où elle étudie la phénologie des conifères du grand nord. De retour en France, elle s'intéresse à la reconstitution du climat de Bourgogne depuis 1370 sur la base des dates de vendanges du pinot noir avec l'historien Emmanuel Le Roy Ladurie. Leur travail montre combien les températures ont augmenté au cours du XXe siècle en France et de façon inégalée en 2003 depuis plus de 600 ans. C'est son premier pas dans l'étude de l'impact du changement climatique sur la biologie et l'écologie des plantes. Publiée dans Nature, la revue scientifique internationale faisant référence, leur étude ne passe pas inaperçue et Isabelle en profite pour lancer deux ans plus tard un groupement de recherche intitulé « Système d'information phénologique pour la gestion et l'étude des changements climatiques ». L'Observatoire des Saisons est presque né ! En 2007, c'est chose faite ! Et Isabelle de pouvoir partager avec le plus grand nombre sa passion de la nature et son combat pour tenter de prévoir si les espèces réussiront à s'adapter à leurs nouvelles conditions de vie.
Isabelle Chuine est chercheure CNRS au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE – CNRS / Universités de Montpellier 1, 2, 3 / Montpellier SupAgro / EPHE / CIRAD / IRD / Inra)
MISSION N°8 : ALGUES BRUNES ET BIGORNEAUX
Du 18/04/2012 au 24/07/2012
Pour cette huitième mission, place aux balades en bord de mer ! Munis de bottes et d’un ciré, partez à la découverte du grand domaine des algues brunes qui borde les façades de l'ouest de la France. L’objectif ? Comprendre les relations qui unissent les grandes algues brunes et les mollusques qui vivent dans cet habitat.


Au printemps, les grandes marées découvrent l'univers des algues brunes
Chaque été, l’invasion des plages bretonnes par les algues vertes fait la une des journaux. Pourtant, d'autres algues requièrent toute notre attention : les algues brunes. En effet, ces grandes algues jouent un rôle important dans l’écosystème côtier car elles fournissent un habitat essentiel pour de nombreuses espèces et produisent une nourriture assimilable par tout cet écosystème. Les algues brunes sont en effet présentes dans les zones soumises aux marées. Des zones mi-terrestres mi-marines où elles forment de vastes forêts dans lesquelles logent une multitude d'espèces: bigorneaux, patelles, crabes, homards... Soumises à de multiples pressions (piétinement, réchauffement climatique, etc.) dont les conséquences sont encore mal connues, il semble que les algues brunes soient en régression sur certaines parties du littoral depuis une vingtaine d’années.


Missions Printemps : des algues et des mollusques
Les algues brunes régressent-elles en raison du changement climatique ? Ou de la pollution des eaux ? Les invasions biologiques, celles des huîtres creuses originaires du Pacifique par exemple, les empêchent-elles de se développer ? Certains brouteurs comme les patelles ont-ils proliféré au point de limiter leur développement ? Autant de questions auxquelles les scientifiques tentent de répondre ! Leur principale hypothèse repose sur l’idée qu’il y a une combinaison de plusieurs facteurs. Cette « combinaison » affecterait les relations fragiles existant entre les algues brunes et les mollusques qui en dépendent. Initié en 2009 et lancé en 2011, le programme BioLit, fait appel aux citoyens qui souhaitent s’investir dans cette enquête nationale dédiée aux algues brunes. Avec Missions Printemps, relevez le défi et participez à cette vaste enquête nationale !


Les conditions idéales de la mission
Quand : toute l’année lors des grandes marées (coefficient > 80)
Où : façades atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord
Moment de la journée : 2h avant jusqu’à 1h après marée basse.
Mission réalisée en collaboration avec Planète mer, le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Université de Rennes. Inspiré du programme BioLit, sontenu par la Fondation de France, Nausicaa, la Fondation Total, le MEDDTL, l’Agence des Aires Marines Protégées, le SINP et Logica.


Les référents scientifiques
Le programme Biolit est porté par de nombreux partenaires et porteurs de projets. Initié par Planète Mer et son directeur général, Laurent Debas, il est piloté par les scientifiques Eric Feunteun et Fredéric Ysnel, la chargée d’étude scientifique Ondine Cornubert et le chargé de mission animation du réseau Laurent Wenk.


Laurent Debas, l'initiateur
Titulaire d’un doctorat d’océanologie, Laurent Debas est un spécialiste des relations entre la mer et les sociétés humaines. Parlez-lui de pêche, d'aquaculture et de protection de l’environnement côtier, il saura vous répondre et aime partager ses connaissances. C'est d'ailleurs pourquoi après avoir travaillé pendant plus de 15 ans, au sein de grandes institutions françaises (Ifremer, Inra, Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ministère de l'Agriculture et de la Pêche) ou internationales (FAO, Asie du Sud-Est), il fonde l’association Planète Mer qui pilote le programme BioLit. Avant cette date, Laurent Debas a mis ses compétences à disposition du cinéaste Jacques Perrin et l'équipe du film "Océans" en tant que conseiller scientifique et co-scénariste. Il a également été consultant auprès du centre marin Nausicaa à Boulogne.


Frédéric Ysnel, le spécialiste des estrans rocheux
Maître de conférence dans l’équipe Biodiversité et Gestion des Territoires de l’Université de Rennes 1, il donne des cours depuis plus de 20 ans sur le fonctionnement des habitats naturels, notamment sur les estrans rocheux. Si initialement il a réalisé ses premières recherches sur les araignées terrestres, il s’intéresse aussi au milieu marin proche. Il encadre ainsi depuis quelques temps des recherches sur les perturbations engendrées par l’homme, notamment lorsqu’il pratique la pêche à pied sur les estrans rocheux. Il s’intéresse aussi, de part ses compétentes de plongeur scientifique, à la biodiversité des espaces marins rocheux proches (jusqu'à 40 m).


Eric Feunteun, le professeur
Professeur d'écologie marine et d'icthyologie au Muséum national d'Histoire naturelle, Eric Feunteun est spécialiste du fonctionnement des écosystèmes côtiers tels que ceux de la baie du Mont Saint-Michel et de l'estuaire de la Loire. Conscient de la nécessité d'impliquer les citoyens dans les recherches scientifiques, il s'est rapidement intéressé à la mise en place d'enseignements universitaires formant les professionnels de la mer à l'analyse de la biodiversité marine et sous-marine. Il est le concepteur du volet scientifique du projet "algues brunes" du programme BIOLIT de Planète Mer. Il est aussi directeur de la station marine de Dinard au Centre de Recherche et d'Enseignement sur les Systèmes Côtiers de Dinard (CRESCO)


Laurent Wenk, le chargé de mission
Après avoir exploré les cuestas et les zones humides de l'est de la France, Laurent Wenk, spécialisé dans la gestion des espaces naturels, a ensuite mis le cap à l'ouest pour découvrir les milieux littoraux lors de ses missions pour la Ligue pour la Protection des Oiseaux, Rivages de France et le Conservatoire du littoral. C'est pour ce dernier établissement qu'il approche la problématique très actuelle de l'acquisition de connaissances sur la biodiversité. En 2011, il rejoint l'équipe de Planète Mer afin de déployer le programme BioLit.

Ondine Cornubert, la chargée d’étude scientifique
Spécialiste en biologie et en écologie marine, Ondine Cornubert s’est engagée dans plusieurs projets de protection du milieu marin dans le monde : au Portugal, au Royaume-Uni mais aussi en Nouvelle Calédonie où elle a mis en évidence des relations entre les communautés de poissons et les herbiers de plantes marines. Elle a également mené des projets de bénévolat dans ce paradis du bout du monde avec le WWF et le Reef Check sur la ponte massive des coraux et celle des tortues vertes. Depuis qu’elle est rentrée en France, elle a travaillé à Brest pour la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin, qui constitue le pilier environnemental de la politique maritime intégrée de l’Union européenne. Elle est chargée d’étude scientifique pour le programme BioLit de Planète Mer.
MISSION 9 : RECONNAISSANCE AUTOMATIQUE DES LIERRES
Du 25/04/2012 au 24/07/2012
Avec cette neuvième mission, engagez-vous pour la botanique du future ! Place à l'identification des plantes en ligne. Participez à un programme unique de reconnaissance végétale à l'aide de photographies du lierre grimpant via la création d’une grande banque d'images numériques.


Au printemps, la botanique est reine
Identifier les plantes n'est pas une mince affaire ! Traditionnellement il faut disposer d’un guide de terrain ou d’une clé de détermination, et parfois observer à la loupe de tous petits éléments caractéristiques d’une espèce. En hiver, il n’est pas toujours facile de reconnaître un arbre... Et pourtant, peut-être ne suffit-il que d'une seule image pour déterminer de quel arbre ou de quelle plante il s’agit ? Cela faciliterait certainement la vie des botanistes et jardiniers debutants ! Avec le développement de l’internet mobile, l’identification interactive des plantes a connu des progrès considérables. Les plantes sont cependant capricieuses, et extrêmement compliquées à différencier les unes des autres de par leur variabilité morphologique au sein d'une seule espèce. Chez certaines d'entre elles, la couleur des fleurs varient d'un lieu à un autre. Chez d'autres, c'est la forme des feuilles qui changent ou leur taille : petites au soleil, mais larges à l'ombre, par exemple. Ainsi, l’identification à partir d’une image d’une seule partie de la plante est souvent difficile… La combinaison d’images d’organes différents (feuilles, fruits, branche, etc.) devrait permettre d’améliorer considérablement l’efficacité de la reconnaissance de l’espèce de façon automatique. En effet, comme un enfant, les outils d’identification ont besoin d’apprendre pour s’améliorer. Plus il y aura d’images collectées, plus ces outils seront performants et pourront nous aider sur le terrain.


Missions Printemps : immortalisez le lierre grimpant
Si les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et les logiciels de traitement des images misent sur la reconnaissance des personnes grâce à des photographies de portraits, pourquoi ne pas utiliser ce procédé pour fabriquer un outil de « botanique pour tous » ? En 2011, la première campagne photographique de plantes a été un succès. Environ 2500 photographies ont été collectées sur des organes différents et 5000 photographies sur des feuilles exclusivement. Cela recouvrait un total de 100 espèces d’arbres à fleurs ! En 2012, il s'agit de faire encore mieux ! En s'attaquant à une plante bien connue pour la très grande variabilité morphologique de ses feuilles : le lierre grimpant. Au printemps, les toutes jeunes pousses apparaissent sur les tiges et les fruits commencent à sortir. C'est donc le moment idéal pour immortaliser l'extraordinaire diversité du lierre. L'avantage ? Pas besoin d'être un pro de la photographie naturaliste ! Ce serait même presque le contraire… Pour que le futur outil de botanique soit performant, il faut qu'il puisse reconnaître des images de qualités médiocres, ou prises par temps pluvieux, sombres, ternes, surexposés... Il ne s'agit pas seulement de capter la variété d'une plante grimpante mais aussi celle des prises de vue humaines ! Génial, fini les complexes !


Les conditions idéales de la mission
Quand : de janvier à décembre.
Météo : par tous les temps
Moment de la journée : toute la journée
Mission réalisée en collaboration avec le projet Pl@ntNet avec TelaBotanica, l’UMR Amap, L’équipe-projet IMEDIA de l’INRIA, le CIRAD et l’IRD. Ce projet est soutenu par Agropolis Fondation.


Les référents scientifiques de la mission
Malgré des spécialités différentes, Violette Roche, Pierre Bonnet et Hervé Goëau se rejoignent au sein du projet Pl@ntNet pour vous faire découvrir un outil ludique de reconnaissance des plantes.


Violette Roche, la passionnée des plantes
Émue par le monde végétal si différent du nôtre, Violette Roche s'est destinée à la biologie végétale et plus particulièrement à son lointain passé, en travaillant sur la reconstitution des forêts anciennes grâce à l'étude des charbons de bois enfouis dans les sols. Suite à des études "d'archéologie des plantes", elle réalise un an de service civique au sein du réseau de vulgarisation scientifique Plume! (www.plume.info) pour la diffusion des savoirs universitaires. De là à faire le lien entre les plantes et les humains, il n'y avait qu'un pas. Très vite, elle devient coordinatrice de projet en sciences participatives au sein de l'association Tela Botanica. Pour Pl@ntNet, elle accompagne le réseau bénévole des collecteurs d’images.


Pierre Bonnet, le botaniste
L'identification des plantes, c'est le cheval de bataille de Pierre Bonnet ! Passionné par le monde végétal et sa diversité, ce jeune chercheur a travaillé sur les flores tropicales d'Afrique de l’Ouest, de l'Inde et du Laos. Ses travaux l’ont mené à conduire de nombreuses missions de terrain en Asie pendant plus de deux ans. Depuis trois ans, il s'investit dans le projet Pl@ntNet afin d’apporter son expérience au développement d’outils d’identification de plantes dédiés à différents publics (scolaires, gestionnaires, etc).


Hervé Goëau, un informaticien au service des plantes
Passionné par l’image, Hervé Goëau a cherché à en percer les secrets à travers des études techniques dans l'audiovisuel, prolongées par une thèse sur les analyses automatiques d’images par ordinateur comparées à l’interprétation humaine. Ayant intégré depuis le projet Pl@ntNet, son intérêt pour la botanique numérique n’a cessé de croitre, conscient que se jouent là de grands enjeux et de réels défis de recherches sur la reconnaissance assistée par ordinateur des plantes pour contribuer à la préservation de la biodiversité. Il co-organise pour la deuxième année consécutive une compétition internationale sur l’identification automatique des plantes par les images.
MISSION 10 : PETITS ANIMAUX DES BOIS
Du 02/05/2012 au 24/07/2012
Cette dixième mission joint l’utile à l’agréable : signaler la présence de petits animaux croisés lors de vos promenades en forêt. Leur nombre est un indicateur direct de la « bonne santé » de la forêt. Plus vous en verrez, mieux se portent nos bois ! Mais où se trouvent ces zones forestières ? C’est justement à vous de nous le dire !


Au printemps, les forêts s'activent
En forêt, le foisonnement de la vie sauvage est le reflet de sa bonne santé. Mais en France, les villes s'étalent et grandissent avec habitations et infrastructures diverses construites à l'orée des bois ou des espaces naturels. Ces constructions généralement peu accueillantes pour la nature coupent les forêts en plusieurs morceaux, les transformant en un véritable « gruyere ». Les bois restants deviennent si réduits qu’ils ne peuvent plus héberger les animaux sauvages aussi petits soient-ils. En effet, la faune trouve difficilement de quoi se nourrir et se loger pour fonder une famille.
Quant aux « amoureux », difficile d'en trouver. Le printemps est pourtant le temps des amours : crapauds et salamandres doivent par exemple rejoindre leurs trous d'eau pour y pondre leurs œufs. Dans le cas des crapauds, les batraciens doivent parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre la pièce d’eau dans laquelle ils sont nés. Mais parfois, elle a disparu... ou alors une route a été construite sur leur chemin, rendant le voyage très dangereux, voire mortel. Pourtant, parfois, contre toute attente, la nature survit !


Missions Printemps : un écureuil ici, une salamandre là
La tâche des scientifiques est donc de comprendre ce qui permet l’épanouissement des populations de petits animaux : quelle est la meilleure taille des forêts ? Jusqu'où peut aller le morcelage des forêts ? Pour répondre à ces questions, il faut savoir où vivent ces animaux et réaliser une carte des observations dans les bois français. Et le printemps représente la meilleure saison pour capter les mouvements de la faune qui s'agite !
Dans cette mission, six espèces sont à l’honneur : l'écureuil roux, le crapaud commun, le sonneur à ventre jaune, la salamandre, le lézard vert et l'orvet. Cette Mission Printemps est issue d’un nouveau projet de sciences participatives porté par le Muséum national d’Histoire naturelle, Noé Conservation et Natureparif. Les données recueillies cette année donneront lieu aux premiers travaux sur les capacités d'accueil des forêts en France pour les petits animaux sauvages. Alors ouvrez l'œil, et soyez à l'écoute des craquements et bruissements dans les arbres... Un écureuil vous surprendra peut-être !


Les conditions idéales de la mission
Quand : de février à fin novembre
Météo : temps couvert ou ensoleillé, c’est selon vos désirs de balade.
Mission réalisée en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle et Noé Conservation et Natureparif, fondateurs de « 50 000 Observations pour la Forêt », une nouvelle enquête participative de Vigie-Nature | www.biodiversite-foret.fr


Les référents scientifiques de la mission
À travers cette mission, Romain Julliard, Véronique Brondeau et Grégoire Loïs vont vous faire découvrir un milieu offrant une très grande biodiversité animale : les forêts. Partez à la recherche des petits animaux vivants des les bois et participez ainsi à la récoltes des 50 000 observations pour la forêt !


Romain Julliard ou la passion des maths, de l’écologie et des sciences participatives
Écologue et aimant manier les chiffres et les équations, Romain Julliard s'est vite plu dans les études de dynamique des populations. Si lors de son doctorat réalisé à Montpellier, il suit l'évolution du comportement de dispersion chez les oiseaux, il s'établit ensuite quelques temps en Norvège, à l’Université d’Oslo, où il se lance dans la construction de modèles mathématiques à partir de données recueillies sur des rongeurs et des poissons exploités, tels que la morue. Est-ce de là que lui vient son intérêt pour la Biologie de la Conservation et les relations entre sociétés humaines et biodiversité ? Probable, puisque dans son étude sur les poissons, il cherche à déterminer la part de leur mortalité naturelle de celle due à la pêche. Rentré en France en 1999, il devient maître de Conférences au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. C’est tout naturellement qu’il s’oriente vers sa nouvelle voie : l'éclairage scientifique de l’impact des êtres humains sur la nature. Du constat à l'action, il participe au programme Vigie-Nature du Muséum, un ensemble d’observatoires participatifs de l’état de la biodiversité en France, et en devient le directeur scientifique. Il mène également ses recherches sur des modèles complexes, et sur le développement d’indicateurs de biodiversité nécessaires aux politiques publiques.


Véronique Brondeau : la transmission de sa passion pour la nature
Née dans le sud de l’Île de La Réunion, Véronique Brondeau se passionne pour l'environnement tropical lors de ses promenades dans les milieux naturels exceptionnels de l'île. Titulaire d'un DESS en sciences et gestion de l'environnement tropical, elle débute sa carrière à l'Office National des Forêts où elle rédige des plans de gestion des forêts de Bébour et de la Plaine des Cafres. En 2005, elle rejoint le Conservatoire Botanique National de Mascarin, où elle prend la tête du service « Animation et Formation » pour faire partager ses connaissances acquises sur le terrain. Puis cinq ans plus tard, elle s'envole vers la capitale où elle intègre l'équipe de Noé Conservation, pour animer  l'Observatoire de la Biodiversité des Jardins en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle. Cette fois, elle doit compter sur un réseau de près 3 000 observateurs de la « biodiversité ordinaire » ! Elle cherche maintenant à étendre cet observatoire aux milieux forestiers, dans le cadre de Vigie-Nature, en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle, Natureparif et plusieurs autres structures relais.


Grégoire Loïs, la passion des bois, mares et fossés d’Île-de-France
Avant de découvrir les guides de terrains et autres ouvrages consacrés aux petites bêtes, Grégoire Loïs a bien été tenté par une approche pagnolesque du rapport à la nature. Mais rapidement, sa passion a pris une forme pacifique et émerveillée, faite de ballades, de prospections et d’affuts en forêt de Rambouillet. Contrairement à beaucoup de naturalistes, cette passion ne l’a jamais éloigné d’Île-de-France. Bien au contraire, c’est dans cette région qu’il a su trouvé de quoi la satisfaire et en faire son activité professionnelle, d’abord en essayant de la transmettre comme animateur nature, puis, entre autres, au Muséum national d’Histoire naturelle au service du baguage des oiseaux. Il porte un intérêt tout particulier à la compréhension des mécanismes qui régissent la nature. C’est pour cela qu’à Natureparif, il a en charges notamment les indicateurs d’état de santé de la biodiversité et les relations avec les programmes de Vigie-Nature orchestrés au Muséum.
MISSION 11 : À LA RECHERCHE DES LUCANES CERF-VOLANT
Du 09/05/2012 au 28/08/2012
Pour cette avant-dernière mission, nous vous donnons rendez-vous avec un drôle d'hélicoptère : le lucane cerf-volant. Ce gros insecte aux pinces géantes est heureusement complètement inoffensive ! Mais l'observer, c'est savoir qu'il existe dans les environs de vieilles souches d'arbres, nourriture exclusive de ses larves. Alors, c'est le moment d'être attentif aux objets volants non identifies ! Participez à la grande carte européenne de ce gladiateur version insecte !


À la fin du printemps, c'est l'heure du lucane cerf-volant
Plus personne n'aime les arbres morts, les souches qui traînent, le bois pourri en décomposition... On aime les forêts propres, rangées, avec des épicéas qui poussent vite ! Pourtant la nature est bien faite et un chêne en lente décomposition est le lieu de vie de mousses, de champignons, d'araignées, de lichens et d'insectes. Tous ces organismes participent à transformer la matière : l'arbre devient terre. Terre fertile qui nourrira d'autres plantes, voir un nouveau chêne ! Savoir qu'il y a du bois mort qui traîne, c'est donc savoir que la forêt ou la haie est en bonne santé !
Cela tombe bien, il y a un animal, qui justement prend pour appartement les vieilles souches de chêne : le lucane cerf-volant. Pas pressé de grandir, sa larve grignote consciencieusement le bois. Ce n'est qu'au bout de trois ans, parfois six que le lucane quitte le bois mort pour changer de vie et devenir adulte ! Et là, il ne rigole plus ! Lors de leur métamorphose souterraine, les mâles se  cuirassent, leurs mandibules se développent pour prendre l’aspect des bois du cerf. Ainsi équipés tels des chevaliers, ils sortent de terre et partent à la conquête de nouveaux horizons où ils vont parfois devoir se battre pour gagner le droit de se reproduire avec une belle femelle aux élytres luisants. Cette époque de combat héroïques ou de luttes épiques a justement lieu à la fin du printemps ! Voir un lucane mâle ou femelle revient donc à conclure que l'insecte est présent dans l'environnement.


Cartographie du lucane cerf-volant
Tout l'objectif de cette mission est de recenser les lucanes cerf-volant pour établir une cartographie précise de l'insecte en France. Sa répartition fine reste à établir puisque sa toute première cartographie n’a été lancée que l’année dernière ! L’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) a recueilli plus de 2700 témoignages dans une enquête spécifique. L’année 2012 correspond également à la réalisation d’un bilan pour cette espèce à l’échelle de l'Europe. Il s'agit donc de préciser les résultats de l’enquête 2011 et d’étudier quelques traits de la biologie de cette espèce, comme par exemple la date de sortie des premiers lucanes au cours de la saison en fonction de la météo et de leur localisation en France. Sortent-elles plus précocement dans les régions méridionales, plus chaudes, que dans les régions situées au nord ? À vous de jouer !


Les conditions idéales de la mission
Quand : de fin mai à  fin juillet.
Météo : au moins 18 °C et de préférence sans vent (pour les voir en vol).
Moment de la journée : en journée ou pendant les belles soirées d’été.
Où : dans un paysage avec des arbres feuillus, évitez les forêts où les pins et sapins sont dominants, vous n’y trouverez rien !
Mission réalisée en collaboration avec l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie).


Le référent scientifique de la mission
Les insectes ont toujours intrigué Bruno Mériguet. Depuis qu’il est enfant il est fasciné par ces petits animaux. Si bien qu’il vit aujourd’hui de sa passion ! En charge de réaliser de nombreux inventaires pour l’Opie, il a besoin de vous pour réaliser le plus grand inventaire jamais mis en place sur le lucane cerf- volant

Bruno Mériguet à la rescousse des insectes
Curieux de nature, Bruno Mériguet n'aime pas attirer l'attention. Mais faites lui parler d'insectes et de sciences naturelles et vous aurez un tout autre personnage. Partager est une passion, transmettre, échanger, s'interroger sur les insectes, la nature, les relations entre ce qui nous entoure. C'est étant enfant, lors des promenades dans la nature puis au travers des élevages  (phasmes, grillons, mantes religieuses) que c'est développé sa fascination pour les insectes. Ce qui l'a conduit à réaliser deux voyages à Madagascar pour y étudier les mantes religieuses. Son cursus universitaire à contre-courant de la génétique et de la biochimie l'a conduit vers un DEA de systématique et d'évolution au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris en 1999. Depuis il s'épanouit au sein de l'Office pour les insectes et leur environnement où il a en charge les inventaires et des études sur les coléoptères. Il étudie en particulier la faune liée aux forêts anciennes et vieux boisements dont le Lucane cerf-volant. Il assure des formations entomologiques pour les professionnels et le grand public partageant encore une fois sa passion.
MISSION 12 : COLONIES D'HIRONDELLES DE FENÊTRE
Du 16/05/2012 au 28/08/2012

Les hirondelles, ces belles annonciatrices du printemps, sont en déclin ! Avec cette Mission Printemps, participez au lancement de l’enquête hirondelles organisée par la Ligue de Protection des Oiseaux et partez à la recherche des nids d’hirondelles de fenêtre.


Au printemps, où vont nicher les hirondelles de fenêtre ?
Pour son 100ème anniversaire, et suite au succès des précédentes enquêtes de sciences citoyennes telles que le réseau VisioNature (rassemblant près de 7000 observateurs répartis sur 60% du territoire ayant collecté 2.2 million de données en 2010), la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) lance, pour les années 2012 et 2013 un nouveau programme participatif : l’enquête hirondelles. Ces oiseaux nous sont très familiers puisqu’ils se reproduisent chaque printemps dans les milieux bâtis, aussi bien en ville qu’à la campagne. Seulement voilà, on en voit de moins en moins… Mais pourquoi ? La rénovation des bâtiments des villes et des villages prive-t-elle les hirondelles de leurs sites de reproduction ? La ressource alimentaire en insectes volants est-elle dégradée par le changement des pratiques culturales ? L'impact de chacun de ces deux facteurs sur les populations demande à être précisé. Afin d’améliorer la prise en compte des hirondelles dans les aménagements urbains, il faut savoir comment se répartissent les populations en Europe. La première étape est d’en savoir plus sur la localisation des colonies de ces oiseaux.


Le recensement des nids occupés d’hirondelles de fenêtre
Depuis plus de 20 ans, les spécialistes ont remarqué un fort déclin chez les hirondelles mais c’est celui des hirondelles de fenêtre qui est le plus inquiétant. Les effectifs des populations ont chuté de plus de 40 % en deux décennies ! C’est sans doute parce qu’il semble de plus en plus difficile pour ces oiseaux de se reproduire. Notre avantage : elles se reproduisent chez nous, juste là sous les avant-toits de nos maisons, elles sont donc très facile à voir. Mais c’est bien là leur problème… Les nouveaux bâtiments ne leur permettent plus de construire leurs nids. Et il n’est pas rare que certains nids soient détruits lors de travaux de réfection de bâtiments notamment. Il est donc important pour les scientifiques et les gestionnaires de savoir précisément où sont les colonies. L’église, l’école ou la mairie de votre village abritent-t-elles ces gracieux oiseaux ? Votre maison offre-t-elle un toit aux hirondelles de fenêtre ? Missions Printemps vous propose de prendre part à cet inventaire plus que nécessaire !


Les conditions idéales de la mission
Quand : du 15 mai au 30 juin
Moment de la journée : toute la journée, du lever au coucher du soleil
Mission réalisée en collaboration avec la LPO, inspiré de l’Enquête Hirondelles.


Les référents scientifiques de la mission
Dès leur plus jeune âge, Philippe Jourde et Marjorie Poitevin, s’engagent dans des programmes de conservation d’espèces animale menacées. Les voilà aujourd’hui au chevet des hirondelles de fenêtre.


La passionnée des oiseaux, Marjorie Poitevin
Lors de ses études à l’université de Toulouse, en Écologie – Gestion de la Biodiversité, Marjorie Poitevin, a travaillé à l’inventaire des hirondelles de fenêtre du Parc naturel régional et de la Réserve de biosphère Luberon-Lure. Elle a recensé une centaine de communes pour comptabiliser les colonies de ces ambassadrices du printemps. Au sein de la LPO, elle a également participé à la protection du Faucon crécerellette, un petit rapace rarissime faisant l’objet d’un plan national d’action. Dans l'Aude, Marjorie s’est chargée du suivi scientifique et de l’aménagement de ses colonies de reproduction. Forte de sa passion pour les oiseaux, et fraîchement diplômée, elle a rejoint l’équipe de la LPO France en 2011 pour s'investir dans les enquêtes participatives « Oiseaux des jardins » et « Hirondelles de France ».


L’objectif de Philippe Jourde : une meilleure prise en compte de la biodiversité
Philippe Jourde est naturaliste depuis 15 ans à la LPO France, où il coordonne les missions d’inventaire naturaliste. Après avoir travaillé sur la mise en place d’espaces protégés pour la faune menacée, il concentre désormais ses activités autour des opérations d’expertise environnementale visant à une meilleure prise en compte de la biodiversité dans l’aménagement du territoire. Il mène par ailleurs localement plusieurs programmes de protection d’espèces menacées telles que la Loutre et le Vison d’Europe. Auteur et adaptateur de plusieurs ouvrages naturalistes, il coordonne, en collaboration avec Marjorie Poitevin, les enquêtes nationales participatives comme l’Enquête Hirondelles.